jeudi 3 septembre 2009

P r o j e t

THEME : le Mur

METHODOLOGIE : jeu d’échelle entre scène et narration

DEHORS LE MUR

... À ce moment, ni les troupes frontalières, ni même les fonctionnaires du Ministère chargé de la Sécurité d'État responsables du contrôle des visas n'avaient été informés. Sans ordre concret ni consigne mais sous la pression de la foule, le point de passage de la Bornholmer Straße est ouvert peu après 23h, suivi d'autres points de passage tant à Berlin qu'à la frontière avec la RFA.

C'est ainsi que le Mur de Berlin tombe dans la nuit du jeudi 9 au vendredi 10 novembre 1989. http://herveleblouch.free.fr/vev/index.php/Mur_de_Berlin


narration – ouverture – participation – création d’un nouveau paysage porteur d’une réflexion sur le dépassement des « murs ».

Quand il y a eu la chute du mur de Berlin, j’avais 19 ans. J’habitais à Lübeck, je connaissais ce qu’il y avait au nord, à l’ouest, au sud. Par contre ma mémoire géographique s’arrêtait, à l’est, contre le mur.

Puis je suis parti. Je suis arrivé à Paris. Et encore il me reste ce trou, cette ignorance.

Thorsten Sahlmann

Le mur est un obstacle physique, qui empêche aux hommes de se regarder, de se toucher, de se parler ; qui empêche aux idée de se connaître, de se reconnaître, de se mixer, et ainsi faisant les transforme en idéologies.

Le mur est la matérialisation du secret contre la vérité, de l’arrogance contre la justice, de la violence contre la liberté.

Aujourd’hui le mur de Berlin est vendu en morceaux à l’origine douteuse aux touristes : la violence a été morcelée en marchandise, rendue inoffensive, oubliée.

Vingt ans après la chute du mur de Berlin, réfléchir à cet événement pousse à réfléchir aux murs qui se lèvent entre les citoyens et ceux à qui les citoyens ont confié le pouvoir.

Comment imaginer un exercice différent du pouvoir ?

Comment casser les murs ?

Quel est le contraire architectural d’un mur ?

C’est l’ouverture, la piazza, le forum, des endroits pour se rencontrer, pour échanger, pour débattre, pour parler, pour écouter, pour s’associer, pour se penser au pluriel, pour raconter des histoires, pour combattre l’ignorance.

Notre réflexion portera alors sur un bâtiment emblématique de l’identité républicaine française, l’Assemblée Nationale, en imaginant d’abandonner celui existant pour en concevoir un nouveau, au même endroit.

Il sera différent, plus ouvert, plus accessible, porteur d’une vision moins élitiste, plus inclusive, plus transparente et plus participative de la société (de la politique).

Par le jeu entre sa résonance symbolique et son ouverture concrète sur l’extérieur, l’échelle de la compréhension du bâtiment est beaucoup amplifiée. Sa perméabilité le rend plus grand. Il n’est plus seulement un bâtiment mais un morceau de ville, de vie publique.

Nous allons travailler en trois étapes, qui correspondent à des échelles et à des niveaux de réflexion différents.

Le premier niveau est celui de la narration, des valeurs et des situations racontées par ce bâtiment ;

le deuxième est celui du dialogue à instaurer entre la ville et le bâtiment ;

le troisième est celui de la scène où évoluent les élus et les citoyens.

Inclure la narration dans la conception architecturale veut dire mettre en scène le bâtiment dans son contexte culturel : comment va-t-il interagir avec l’imaginaire collectif, comment se positionne-t-il par rapport à sa portée symbolique, comment se fonde-t-il dans l’histoire de la ville ?

Il s’agit d’ouvrir la conception à une vision en devenir du bâtiment, calée sur une perspective culturelle aussi vaste que possible.

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